Diagnostiquer un peuplement forestier : Les différents outils à la disposition du sylviculteur

Taillis avec réserves chênaie charmaie

Taillis avec réserves chênaie charmaie

Futaie régulière de douglas

Futaie régulière de douglas

Futaie mixte mélange feuillus résineux

Futaie mixte mélange feuillus résineux

Futaie régulière de douglas - estimation

Futaie régulière de douglas - estimation

Le 08 avril 2022, le CRPF Bourgogne – Centre Régional de la Propriété Forestière – a organisé une réunion forestière sur le thème « Diagnostiquer un peuplement forestier : Les différents outils à la disposition du sylviculteur » à PouillouxSaône et Loire – Bourgogne. Les différents outils ont été présentés et testés en forêt sur deux peuplements différents : un taillis avec réserves de chênes et hêtres en cours d’irrégularisation et une futaie régulière de douglas. Etaient présents des gestionnaires forestiers professionnels, des techniciens forestiers indépendants, des experts forestiers, la SAFER de Bourgogne – Société d’Aménagement Foncier et Etablissement Rural - et des propriétaires forestiers privés.


L’intérêt de diagnostiquer sa forêt

Le diagnostic forestier est un état des lieux qui sert de base aux futurs choix et décisions. On identifie différentes données :

  • Les essences qui composent la forêt.
  • Les différentes classes de diamètre représentées.
  • La surface terrière : c’est la somme des surfaces transversales des troncs. Si on coupe tous les arbres visibles à 1.30m, on cumule l’ensemble des surfaces de ces troncs. On considère qu’un peuplement est pauvre quand la surface terrière est inférieure à 10m²/ha, moyenne de 10 à 15 m²/ha, assez riche de 15 à 20m²/ha, et riche au-delà de 20 m²/ha.
  • La pédologie : l’analyse du sol, notamment la RUM – Réserve Utile Maximale et la texture du sol - limoneuse, argileuse ou sableuse.

Il n’y a pas de limites aux prises de données, mais pour éviter de perdre du temps et pour obtenir des données faciles à analyser, il est nécessaire de bien choisir quelles données sont utiles.


Diagnostiquer sa parcelle forestière : des outils simples à la portée de tous

Des placettes peuvent être réalisées : on fait généralement des placettes circulaires de 18m de rayon, soit des placettes de 10 ares. Cette surface est facile à reporter en multipliant par 10 pour avoir des données à l’hectare. La prise de données se concentre dans cette placette. A l’échelle d’une forêt, on réalise 1 à 4 placettes par hectare pour avoir des données cohérentes à analyser.
Les classes de diamètres sont prises au compas forestier - un pied à coulisse, la surface terrière est prise grâce à une encoche relascopique de 1 cm au bout d’une chainette de 50 cm, et la pédologie est analysée grâce à une tarière.


Méthode Archi : l’état de santé des arbres

La méthode Archi permet de connaitre l’état de santé d’un arbre par la manière dont il porte ses branches :

  • Diagnostiquer le caractère réversible ou irréversible d’un dépérissement
  • Ne pas être induit en erreur par des symptômes parfois passagers
  • Ne pas confondre mortalité naturelle et dépérissement

Arbre par arbre, on étudie sa santé grâce à la clé de détermination Archi, on analyse les ramifications des branches en classant l’absence de branchaison ou la présence de : agéotropes, plagiotropes et/ou orthotropes.


BioClimSol : le nouvel outil d’aide à la décision face au dérèglement climatique

BioClimSol est un outil d’aide à la décision forestière dans le contexte de dérèglement climatique, sous forme d’application numérique. Il prend en compte le réchauffement climatique et ses effets, notamment l’augmentation moyenne des températures et les périodes de sécheresse, et propose une notation par essence de son adaptabilité. BioClimSol est un indicateur pratique et rapide quand on envisage le maintien de certaines essences, ou l’introduction de nouvelles essences.

IBP : évaluer la potentielle biodiversité de sa forêt

L’IBP – indice de Biodiversité Potentielle est un outil simple pour estimer et améliorer le fonctionnement d’un écosystème forestier. Grâce à des indices dans nos forêts, on repère des milieux qui peuvent potentiellement accueillir différentes espèces d’insectes, d’oiseaux, de mammifères… On cherche des données sur des facteurs liés au peuplement et au contexte. Une fois analysé, le diagnostic IBP donne une notation sur la potentialité de la biodiversité de la forêt.
Nous vous proposons un article complet sur l’IBP – Indice de Biodiversité Potentielle.