Cèdre de l'Atlas et autres résineux réputés intéressants dans le contexte climatique actuel et à venir

Futaie régulière cèdre de l'Atlas Dijon

Futaie régulière cèdre de l'Atlas Dijon

Analyse de sol dans une cèdraie à Dijon

Analyse de sol dans une cèdraie à Dijon

Futaier irrégulière de cèdres de l'Atlas à Dijon

Futaier irrégulière de cèdres de l'Atlas à Dijon

Cèdres de l'Atlas de 30 ans à Dijon

Cèdres de l'Atlas de 30 ans à Dijon

Cèdraie irrégulière La Trouhaude à Dijon

Cèdraie irrégulière La Trouhaude à Dijon

Futaie régulière de cèdres de l'Atlas à Dijon

Futaie régulière de cèdres de l'Atlas à Dijon

Cèdraie de 150 ans à Dijon

Cèdraie de 150 ans à Dijon

Le 23 septembre 2022, le CRPF BourgogneCentre Régional de la Propriété Forestière – a organisé une réunion forestière sur le thème « Cèdre de l’Atlas et autres résineux réputés intéressants dans le contexte climatique actuel et à venir » à Dijon, Marsannay la Côte et CoucheyCôte d’OrBourgogne. La réunion a attiré un grand nombre de participants soucieux de l’avenir des forêts et curieux de trouver de possibles solutions pour l’avenir. Etaient présents des gestionnaires forestiers professionnels, des techniciens forestiers indépendants, des experts forestiers, des techniciens forestiers de coopérative, des techniciens de l’ONF – Office National des Forêts – et des propriétaires forestiers privés.

L’autécologie du cèdre

Le cèdre est une des essences résineuses dont nous attendons le plus dans les années à venir, il est originaire de régions aux climats secs à arides : Liban, Turquie, Syrie, Chypre, Maroc, Algérie, Afghanistan, Pakistan, Tibet. En France, il est déjà implanté dans le sud de la France à climat méditerranéen. Sa croissance est variable suivant la richesse et la profondeur du sol, il pousse sur les terrains calcaires mais craint l’argile. Il est capable d’aller chercher de l’eau en profondeur si la roche mère est fracturée : il résiste assez bien aux sécheresses.

Gérer un peuplement de cèdres

Le cèdre est une essence de lumière : dans le jeune âge c’est une essence de demi-lumière puis de lumière dans l’âge adulte. Il réagit bien aux éclaircies et se régénère facilement sur sol calcaire. Les gestions en futaie régulière et irrégulières sont adaptées à cette essence, sa préférence à la lumière nécessite une sylviculture dynamique.

Jeune peuplement de cèdres de l’Atlas

A Plombières-les-Dijon, un peuplement de cèdres d’une trentaine d’années a été visité. La coopérative qui gère cette parcelle a réalisé une première éclaircie, en prélevant 1 ligne sur 4 lorsque le peuplement avait environ 20 à 25 ans. Généralement on prélève 1 ligne sur 5, prélèvement plus approprié, la coopérative n’a pas pu donner d’explications sur ce choix de gestion. Une deuxième éclaircie a ensuite été réalisée. On remarque déjà des semis qui apparaissent disséminés sur la parcelle. Ce peuplement implanté sur un terrain calcaire superficiel a une croissance assez faible, mais on ne remarque pas de bois secs dans le peuplement, ce qui nous démontre la résistance du cèdre face aux dernières années de sécheresse.

Test comparatif d’essences résineuses sur terrains pauvres

A Couchey, l’ONF nous a présenté un essai de plantations de différentes essences sur terrain calcaire superficiel. 8 essences ont été implantées en même temps, avec les mêmes entretiens, de façon à pouvoir comparer leur résistance, leur croissance et leurs caractéristiques :

  • Cèdre de l’Atlas
  • Cèdre du Liban
  • Pin Laricio de Calabre
  • Pin noir d’Autriche
  • Sapin pectiné
  • Sapin Nordmann
  • Sapin Bornmuller
  • Sapin Equi Trojani – sapin de Turquie

Ces essences ont été plantées en 1995 par placeaux de 0.5 ha à une densité de 1500 plants/ha. Aujourd’hui 81% des cèdres de l’Atlas sont vivants, ce qui est similaire au pins noirs d’Autriche, aux sapins pectinés et aux pins Laricios de Corse. Le cèdre de Liban quant à lui est vivant à 21%, le sapin de Turquie n’a pas survécu. Les hauteurs des différentes essences sont plus ou moins les mêmes. La croissance en circonférence du cèdre de l’Atlas est de 2.3 cm/an, bien en dessous des pins : 3 à 3.3 cm/an mais supérieur aux sapins : 2cm/an.
En conclusion, pour les mêmes plantations, les pins ont de meilleures croissances que le cèdre, qui est lui plus productif que les sapins.

La forêt de la Trouhaude

La forêt de la Trouhaude est composée entre autres de cèdres, les plus anciens du quart Nord-est de la France. Ils ont été implantés en 1848 sur 17ha, puis en en 1876 suite à un incendie. Aujourd’hui le peuplement est classé sur 12 ha et est géré en futaie irrégulière mélangée : cèdre de l’Atlas, pin noir d’Autriche, pin Laricio de Corse, chêne pubescent, et divers feuillus. La futaie irrégulière est plutôt gérée par bouquets, tous les stades de développement sont représentés.

Planter des cèdres, pour quelle valorisation ?

Le cèdre produit un bois de qualité, imputrescible – il résiste naturellement à l’eau et aux pathogènes, il a une odeur forte. On l’utilise aussi bien en intérieur qu’en extérieur : bardage, terrasse, ameublement… Son huile essentielle est utilisée pour divers usages. Vous pouvez trouver des planches et plateaux de cèdres dans notre rubrique sciages.