La filière forêt/bois vue par Taurë

Répartition géographique des clients de Taurë

Répartition géographique des clients de Taurë

La forêt est au cœur des préoccupations, la filière communique sur nos métiers peu ou mal connus. Chacun imagine sa forêt, les 3 fonctions économiques, environnementales et sociales n’ont jamais autant divisé. Taurë accompagne les propriétaires dans une gestion durable, et favorise les entreprises locales pour exploiter et valoriser les bois.

A l’heure où les forestiers se liguent les uns contre les autres et se déchirent : les scieurs de chêne français contre les exportateurs, les scieurs locaux contre les nationaux et européens, les grosses unités de sciage à lignes canter contre les petites scieries traditionnelles, les agents de l’Office National des Forêts (ONF) contre leurs supérieurs et leurs administrateurs, les coopératives forestières contre les techniciens indépendants, les gros résineux contre les bois de moins de 50 ans, la futaie régulière contre la futaie irrégulière, les feuillus contre les résineux, les plantations mono-essences contre les mélanges, les groupements forestiers conservateurs contre les investisseurs, l’écologie contre la production, les engins d’exploitation contre les chevaux, les bûcherons contre les abatteuses, le paysage contre les plantations, le bois contre le béton, les énergies fossiles contre le bois énergie biomasse, le bois de chauffage légal contre l’illégal…

Chacun vient mettre son grain de sel en ne regardant bien souvent que son point de vue, sans se soucier des conséquences. On veut augmenter le prix des bois sur pied mais restreindre le nombre d’acheteurs et les sélectionner. On veut bien acheter des planches chez le scieur local et obtenir des conseils, mais en douglas ou en chêne seulement, et moins cher que dans les supermarchés du bricolage. On veut produire du bois de qualité rapidement, mais sans investir dans sa forêt. On veut récolter des bois qui ont poussé en 150 ans, sans planter ni régénérer sa forêt pour les générations futures. On veut exploiter du bois rapidement et en obtenir le meilleur prix, mais avec des moyens plus respectueux de l’environnement. On est contre la mécanisation, mais aussi contre la pénibilité du travail. On veut des matériaux de construction et de chauffage écologiques, renouvelables et locaux sans voir couper d’arbres dans les forêts environnantes. On veut se chauffer avec des bûches sans payer de TVA, et on veut faire façonner du bois de chauffage sans payer de charges sociales. Avec ce genre de réflexion, finalement c’était mieux avant mais avec le confort d’aujourd’hui, et puis ce sont les autres qui doivent changer, nous on ne peut rien faire à notre échelle.

Tous les acteurs de la filière forêt bois sont indispensables : on a besoin des scieurs français et de leur savoir-faire, des exploitants forestiers pour trier et valoriser les bois, des exportateurs pour faire partir des bois de qualités secondaires et médiocres, des grosses unités de transformation pour scier de gros volumes de bois et tirer les prix de marché vers le haut, des scieries traditionnelles pour les demandes locales ou spéciales, pour valoriser au mieux les différentes essences et qualités de bois, de l’ONF pour gérer correctement les forêts de l’état et des collectivités, des techniciens indépendants expérimentés proches des propriétaires et des forêts, des gros résineux pour de grosses charpentes, des petits bois pour les scieries industrielles, de futaie régulière plus concrète pour les propriétaires, de futaie irrégulière pour une gestion plus proche des cycles naturelles mais néanmoins productive, de respect de l’environnement, de production de bois de qualité, d’engins pour exploiter les bois, de chevaux pour les accès difficiles ou pour les milieux très sensibles, de bucherons pour abattre les bois de qualité, de planter et de régénérer nos forêts pour notre avenir et l’avenir de nos enfants, de bois pour la construction et de bois énergie et bois de chauffage pour se chauffer, d’arbres capteurs de CO2. Enfin on a besoin des arbres transformant ce CO2 en oxygène pour respirer.

Nous considérons qu’il faut agir pour aller de l’avant : nos objectifs favorisent la vente des bois localement, exploité par les entrepreneurs forestiers régionaux, à des prix de marché. On n’a pas besoin de vendre loin pour vendre bien. En d’autres termes, pour utiliser une expression dans l’air du temps de l’agriculture, on favorise les circuits courts en limitant les intermédiaires et on restreint donc le périmètre de flux des bois.
L’enquête sectorielle de l’Insee demande la répartition géographique de l’activité : sur le dernier exercice de Taurë c’est 96% de l’activité qui a été réalisée régionalement en Bourgogne sur les 4 départements que sont la Saône et Loire, La Côte d’Or, la Nièvre et l’Yonne. Les 4% de chiffre d’affaire restants ont été réalisés dans des régions directement adjacentes. Si on approfondit,100% des bois achetés l’ont été en Bourgogne, 100% des services en gestion forestière et sylviculture l’on été en Bourgogne aussi, 100% des sous-traitants qui travaillent pour Taurë sont bourguignons.
Une vingtaine d’essences ont été valorisées feuillues comme résineuses : douglas, épicéa, pin sylvestre, pin laricio, pin weymouth, Mélèze, cèdre, séquoia, chêne, robinier faux acacia, frêne, hêtre, châtaignier, merisier, platane, érable, charme, peuplier, bouleau, tremble…  Différents produits ont approvisionné les scieries Bourguignonnes, des produits standards en douglas, bouleau, tremble et en chêne comme des marchés de niche plus restreints en robinier faux acacia, châtaignier, platane, merisier, séquoia. Ces bois ont été exploités par des sous-traitants de qualité et d’expérience de différentes localités bourguignonnes : Autun, Montceau les Mines, Blanzy, Le Creusot, Gueugnon, Paray le Monial, Chalon sur Saône, Etang sur Arroux, Semur en Auxois, Pouilly en Auxois, Dijon, Luzy, Nevers, Tonnerre, Auxerre…
Différents modes de gestion ont été appliqués, en futaie régulière, futaie irrégulière, irrégularisation de futaie et aussi de taillis, suivant les attentes des propriétaires. Pour chaque peuplement, la gestion a été optimisée pour répondre à des attentes de rentabilité financière, d’aspect paysager, de volonté de laisser un héritage aux enfants, de biodiversité… Sur certaines propriétés, plusieurs modes de gestion ont été appliqués, répondant à des stations forestières et des peuplements variés. Une génération de propriétaire plus impliquée dans leur forêt voit le jour, que Taurë accompagne, notamment pour permettre le renouvellement des peuplements, de plus en plus par régénération naturelle. Des travaux de régénération sont nécessaires, tout comme des enrichissements.

Il est nécessaire d’être présent dans nos forêts au quotidien pour assurer leur pérennité tout en valorisant nos peuplements. Pour augmenter la rentabilité d’une forêt, il faut nécessairement investir et faire des travaux. Tous les acteurs de la filière sont gagnants : les propriétaires ont un bien de forte valeur, géré durablement, produisant du bois d’œuvre de qualité, du bois est produit pour les scieries et les industries locales, les entrepreneurs de travaux forestiers trouvent du travail en milieu rural, l’aspect paysager est préservé, on lutte plus efficacement contre le réchauffement climatique, on favorise la biodiversité, autant floristique que faunistique…